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TMS : comment limiter les risques ?

Publié le 7 août 2026

 

Cueillette, conditionnement à la chaîne, port de charges lourdes, découpe de viande, exposition au froid et à l’humidité... 

Les conditions de travail dans le secteur agricole sont souvent sources de contraintes articulaires ou posturales importantes, pouvant à terme favoriser la survenue de troubles musculo-squelettiques. Pour autant, ces troubles ne sont pas inéluctables. Il est possible de limiter considérablement ses risques en mettant en œuvre des actions de prévention individuelles et collectives.
Des secteurs particulièrement exposés au risque de TMS

Aucune entreprise, quelle que soit sa taille ou son secteur d’activité, n’est épargnée par les troubles musculo squelettiques. Mais certains secteurs, très exigeants sur le plan physique, y sont plus exposés que d’autres, notamment: 

  • La viticulture : contraintes gestuelles et posturales prolongées (posture accroupie et courbée), gestes répétitifs (taille de la vigne), port de charges lourdes, exposition aux intempéries… ; 
  • Les cultures : contraintes posturales fortes (station debout prolongée, travail accroupi ou en torsion), gestes répétitifs (cueillette, récolte), intempéries… ; 
  • La découpe de la viande : gestes répétitifs à une cadence soutenue, station debout prolongée, bras levés au-dessus des épaules, port de charges lourdes, travail en milieu froid et humide… ;
  • Les élevages : contraintes articulaires importantes, gestes répétitifs à une cadence élevée, port de charge lourdes, station debout prolongée, postures inconfortables lors de certaines activités (traite, soins des animaux…), exposition au bruit, aux vibrations… ; 
  • Les jardins et espaces verts : efforts physiques importants, contraintes posturales (station debout prolongée, position accroupie, agenouillée, penchée, bras levés au-dessus des épaules…) et articulaires (taille de haie, plantation, arrachage de végétaux…), exposition au bruit et aux vibrations (tondeuses, taille-haie…), conditions climatiques parfois difficiles (froid, humidité, chaleur…).
Agir pour limiter ses risques en aménageant le travail


S’il existe certains facteurs de vulnérabilité individuelle (âge, expérience, condition physique, état de santé…), les TMS sont le plus souvent liés à des conditions de travail inadaptées : 

  • contraintes gestuelles importantes (répétitivité, efforts importants, maintien prolongé de postures contraignantes, fortes amplitudes articulaires, etc.) ; 
  • environnement de travail éprouvant (bruit, froid, humidité…) ; 
  • utilisation de machines ou outils émettant des vibrations ; 
  • organisation de travail inadaptée (temps de récupération insuffisant, cadences soutenues, …). 

Il revient aux entreprises d’engager une démarche de prévention pour repérer les situations de travail à risque et mettre en œuvre des actions correctives :

  • aménagements «techniques» pour limiter les efforts physiques (aides de manutention manuelles ou motorisées…), les postures contraignantes (aménagements des postes de travail…) ou l’exposition au bruit ou aux vibrations (ex. : choix de matériel moins bruyant ou anti vibrations…) ; 
  • mesures organisationnelles (rotation des tâches, variations de cadences de travail…).
Protéger les parties du corps les plus sollicitées


Indépendamment de l’aménagement du poste de travail qui doit faire l’objet d’une réflexion collective au sein de l’entreprise, chacun peut agir individuellement pour limiter ses risques en respectant quelques principes : 

  • jouer la carte de l’alternance : ne jamais rester plus de deux heures dans la même position ; 
  • adopter la bonne posture «à genoux» : garder un genou à terre et un genou plié, en utilisant au besoin un coussin pour soulager le genou au sol ; 
  • apprendre à soulever une charge sans exposer son dos : se rapprocher le plus possible de l’objet à soulever, chercher son équilibre, plier les jambes en maintenant le dos bien droit et travailler les bras en traction simple lorsque l’on est redressé ; 
  • protéger ses épaules : éviter dans la mesure du possible les postures prolongées avec les bras en l’air au-dessus de l’axe des épaules
S’échauffer avant de commencer son activité

Comme pour les sportifs, l’échauffement est indispensable pour se mettre en conditions avant de commencer son travail et limiter ses risques de lésions. Le matin, il est conseillé de marcher pour se mettre en mouvement progressivement et de réaliser quelques exercices d’échauffement qui sont à la portée de tous : 

  • 5 à 10 minutes d’exercices suffisent ; 
  • Se concentrer prioritairement sur les zones du corps les plus fortement sollicitées dans le cadre de son activité (genoux, bras, cervicales, épaules, poignets…) et qui sont les plus sujettes aux douleurs en fin de journée ;
  • Exécuter chaque exercice lentement, sans forcer (pas de mouvements trop brusques ou rapides), 5 à 10 fois. Ces exercices peuvent également être réalisés en cours de journée pour soulager les zones de tensions musculaires.
Bon à savoir

De façon générale, la prévention des troubles musculo squelettiques passe aussi par le respect d’une bonne hygiène de vie : manger équilibré, boire suffisamment, pratiquer une activité physique régulièrement. Consulter sans attendre dès les premiers symptômes Le dépistage précoce est indispensable pour permettre une prise en charge efficace et une guérison rapide des TMS. D’où la nécessité de consulter son médecin traitant dès l’apparition des premières douleurs.

Conseil de prévention réalisé en partenariat avec L'IEMP (Institut d'Éducation Médicale et de Prévention), www.institut-iemp.com